Nom de la série: « Travailleurs sans frontières»

Type: Portrait

Thème: Parcours professionnel d’immigrés

Début de la série: 2018

Statut: En cours

Il y a 50 ans se produisait en Occident l’un des soulèvements populaires les plus marquants de son siècle. La révolte étudiante et ouvrière de Mai 68 surprend encore aujourd’hui par la durée et la violence du mouvement. Souvent considérés comme des utopistes, les émeutiers luttent alors pour une amélioration de la condition étudiante, mais s’insurgent également contre les nombreux conflits qui marquent leur époque, tels que la guerre du Vietnam.
L’agitation de Mai 68 a suscité la création d’une profusion d’images placardées dans tous les coins de rue, visant à diffuser les idées des révolutionnaires. L’un des messages véhiculé par ces affiches exprimait le soutien apporté par les travailleurs français aux travailleurs étrangers.

50 ans plus tard, alors qu’une crise migratoire sans précédent frappe l’Europe, j’ai voulu exploiter ces affiches comme point de départ de ma réflexion photographique, en mettant en avant l’emploi comme outil d’insertion et d’intégration des personnes immigrées. Au travers de cette série de 5 portraits, je dépeins 5 parcours de vie de personnes issues de l’immigration ayant su trouver et tracer leur chemin professionnel en Belgique.

montage affiches mai 68

Pietro Cicero

21/06/1964, Santa Elisabetta (Sicile)

Après avoir vécu durant ses neuf premières années à Santa Elisabetta, petite bourgade campagnarde de Sicile, c’est en 1973 que Pietro arrive en Belgique, accompagné de ses parents et d’une partie de sa fratrie.

A Bruxelles, où il passe son adolescence, il obtient un certificat professionnel en soudure aux Arts et Métiers. Son premier travail, il l’obtient à l’âge de 17 ans, dans une usine qui conditionne du saumon
fumé, avant de trouver une place dans le bâtiment en 1986 où il débute en tant que manoeuvre.

Au fil des années, Pietro apprend le métier de coffreur dans sa société et gravit les échelons pour devenir contremaître en 2012. Il y dirige depuis lors sa propre équipe de coffreurs et de ferrailleurs.
En dehors de son travail, Pietro se consacre à la pratique du chant et de la guitare, mais également, un peu comme pour honorer la mémoire de ses aïeux, à la culture de fruits et de légumes.


Amir & Yaman Bach

25/03/1990, Alep (Syrie)
13/04/1995, Alep (Syrie)

Amir et Yaman sont frères. Nés tous deux à Alep, ils y étudient respectivement la comptabilité et l’infographie. Après avoir fui la guerre qui ravage encore leur pays, ils arrivent en 2012 en Belgique, où certains membres de leur famille résident depuis 30 ans. Ils suivent alors des cours de français à Frameries et à Mons, ainsi qu’une formation de commis de cuisine, d’informatique et des cours de gestion.

Après avoir travaillé quelques temps dans une maison de repos de la région de Mons-Borinage, ils décident de lancer leur propre commerce en 2017 : Jebneh, qui signifie « fromage » en arabe. Ils y confectionnent de manière artisanale et y vendent des spécialités culinaires de leur pays natal. Leur petit snack-restaurant, qui vient de fêter son premier anniversaire, est de plus en plus populaire et apprécié par les montois.


Nour-Eddine Khalfi

13/03/1971, Tanger (Maroc)

Nour-Eddine a toujours vécu à Bruxelles et a emménagé dans le borinage, il y a quelques années. Après plusieurs expérience en tant qu’indépendant dans le bâtiment, il décide d’ouvrir un bar à tapas avec l’aide de microStart, proposant des tapas maison, vins, cocktails, … et surtout un contexte chaleureux et musical ! Artiste doué de ses mains ayant fait carrière dans la création en menuiserie et ferronnerie, il a créé lui-même de toute pièce le Gaudi bar. On ne peut pas rester de marbre face au magnifique bar en bois façonné à la main mais aussi les chambrants et décors intérieurs .


Marcel Aimé Ngassu

08/11/1970, Yaoundé (Cameroun)

Marcel Ngassu est opticien et a 23 ans d’expérience dans le domaine. Il a réalisé son rêve en février 2019 en ouvrant EyeDiscovery. Il a développé un concept unique dans sa boutique, le « Netlooks », où la couleur et la monture des lunettes sont adaptés immédiatement aux souhaits des clients, qui peuvent essayer virtuellement leur monture.


Mohammad Alshaih

10/09/1986, Al Mu`addamiyah (Syrie)

Mohammad était déjà coiffeur en Syrie. Il décide de quitter son pays et s’installe au Liban en 2011 où il lance également un salon de coiffure. Grâce à l’IOM (International organization for Migration), il arrive en Belgique en 2016. Il apprend très vite le neerlandais à Gand et, entrepreneur dans l’âme, décide une nouvelle fois d’ouvrir son propre salon de coiffure. Son salon rencontre très vite un franc succès.


Maryna

35 ans et née en Indonésie

Maryna est initialement arrivée à Bruxelles pour une mission d’un an comme consultante en affaires publiques. Elle y a rencontré son compagnon qui est belge et ils ont déménagés à Anvers.Sa maîtrise du néerlandais n’était pas compatible avec son parcours dans la communication. Elle a donc décidé d’utiliser ses compétences marketing pour développer son propre produit et des produits importés en tant qu’indépendante . Elle a créé sa propre sauce piquante typique de son pays de naissance et collabore avec la CCI d’Indonésie pour vendre ses produits indonésiens à base de plantes.En arrivant en Belgique, elle a tout recommencé à zéro : sa vie amoureuse, sa vie professionnelle et son activité d’indépendante.


Sali Ghanoum

25/01/1979, Idleb (Syrie)

Sali est une artiste, une chanteuse, une professeure de musique, une réalisatrice. Mais tout ça c’était surtout avant. Avant qu’elle ne quitte la Syrie en 2015. Huit mois après leur arrivée en Belgique, Sali et son mari ont l’idée d’ouvrir un restaurant syrien. Mais suite à des problèmes personnels, l’entreprise est liquidée. Ne baissant pas les bras, Sali lance un nouveau projet. Offrant un voyage savoureux à la rencontre des spécialités traditionnelles du pays, Dilbi ouvre ses portes en 2019 à Anvers. Dilbi est plus qu’un restaurant, c’est un lieu de découverte et de partage de la culture syrienne. Sur fond de guerre civile et d’immigration, ce restaurant est pour eux un moyen de conserver leur identité. C’est aussi un moyen de s’intégrer et de participer à la vie économique du pays qui les a accueillis.


Jamel Khalfalli

06/01/1979, Menzel EL Habib (Tunisie)

Jamel a un BAC+4 en littérature russe qu’il a obtenu en Tunisie. Au pays, il travaillait dans le tourisme entant qu’indépendant jusqu’en 2013.

La même année, il arrive en Belgique pour raison familiale et commence à travailler à l’office du tourisme de Thuin.

Par la suite, il passe une année au chômage durant laquelle il suit une formation en transport poids lourds. Suite à cela, il décide de se lancer dans le transport de colis en tant qu’indépendant.

Son rêve? Renouer avec son premier amour en ouvrant son agence de voyage.


Cathy Lokuli Ikonga

26/11/1976, Kinshasa (RD Congo)

De l’Afrique du Sud à la France en passant par la Côte d’Ivoire pour atterrir en Belgique en 2011, on peut dire que Cathy aura vu du pays. Assistante de vie en maison de repos, Cathy ne trouve pas de travail dans son domaine à son arrivée sur le territoire belge. Commence alors un nouveau voyage : ménages, préparation de commandes, hôtels, salons d’esthétisme. Au bout de huit ans, son mari et son fils l’encouragent à se lancer. Cathy hésite mais, soutenue par sa famille, elle se dit qu’elle en est capable. Elle fait l’achat d’une camionnette avec laquelle elle propose ses services de transport aux entreprises, pour leurs personnels, et de ramassage scolaire. Au mois de juillet dernier, Cathy fait à nouveau l’achat d’une voiture et répondre à la demande croissante de trajets en véhicule de transport avec chauffeur. Après six mois difficiles Cathy à l’impression de sortir la tête de l’eau et reste positive sur l’avenir.


Jarine Siassia Mafouta

28/06/1989, Brazzaville (République du Congo)

Puéricultrice de formation c’est après quelques années d’exercice que Jarine réalise que ce domaine n’est pas pour elle. Elle se forme alors au métier d’esthéticienne en cours du soir et travaille de jour comme vendeuse pour des enseignes de prêt à porter. Jarine commence par proposer ses services à domicile mais face à la difficulté de trouver une place en institut, elle décide de travailler pour elle-même. Cela fait bientôt quatre ans que Jarine a ouvert son salon d’esthétique à Bruxelles sous le concept de maison de beauté, offrant à sa clientèle un véritable moment de détente. En 2020, Jarine achète un premier stock de produits de maquillage et de soin. Elle devient ainsi distributeur officiel d’une marque de cosmétique et gagne en visibilité. Jarine s’installera prochainement dans un local plus grand et élargira, en partenariat avec des produits locaux, sa gamme de soins bien-être.


Macha Makarevich

4/9/1980, Moguilev (Biélorussie)

Parallèlement à ses études de piano à l’Ecole d’Etat de Musique Rimski- Korsakov de Moguilev en Biélorussie, Macha accompli son cycle complet de danse traditionnelle, ce qui lui permet de rejoindre une troupe de danse avec laquelle elle se produit partout en Europe. Grâce à ces voyages, Macha développe une grande ouverture d’esprit.

Arrivée en Belgique en 2004, Macha reprend ses études de piano au Conservatoire Royal de Mons où elle obtient brillamment son diplôme en 2010. C’est également à Mons que Macha fait la rencontre déterminante du pianiste Yves Robbe, qui en fait l’héritière de sa méthode d’apprentissage du piano et avec qui elle joue régulièrement en concert depuis 2007.

Macha est actuellement professeur de piano à l’Académie de Musique de Mons et se produit en solo ou en duo avec Yves Robbe, en Belgique et à l’étranger.


Melica Nkounkou

15/10/1991, Brazzaville (République du Congo)

Melica arrive en Belgique avec ses parents alors qu’elle est à peine âgée de 16 mois. Ceux-ci ont décidé de quitter leur pays natal dans le but de trouver du travail en Belgique, et ainsi de pouvoir offrir un meilleur avenir à leurs enfants. Ils souhaitent avant tout leur donner l’opportunité de réaliser des études et de s’accomplir professionnellement.

C’est à Bruxelles que Melica passe son enfance et son adolescence. Parallèlement aux cours du soir qu’elle suit à l’Ecole Supérieure des Affaires (ESA) de Namur en Marketing, Melica travaille dans une société informatique basée à Wavre où elle occupe la fonction de commerciale interne. En dehors de son travail, Melica gère le groupe de jeunes de son Eglise.


Moncef Midoun

31/10/1972, Alger (Algérie)

Après avoir obtenu son diplôme de Commerce International à Alger, Moncef travaille quelques années au sein du Ministère du Commerce algérien. En 1998, alors qu’il rend visite à une partie de sa famille expatriée en Belgique, il décide, un peu par hasard, de s’y installer.

Moncef enchaine d’abord les « petits boulots » avant de travailler dans une association de sondage. Passionné depuis toujours par la littérature, il se lance en 2001 en tant qu’indépendant en ouvrant sa propre librairie, non loin de la gare de Saint-Ghislain. Il déménage peu après dans les galeries du Cora dans lesquelles il exerce durant une quinzaine d’années. Il y a trois ans, dans un souci de redynamisation du centre de Colfontaine, où il réside depuis de nombreuses années, il y implante sa librairie de proximité.


Mousab Alsheikh

30/12/1979, Damas (Syrie)

Après un master en économie, il débute sa carrière en Syrie dans le marketing, puis devient analyste économique pour enfin lancer son entreprise de création de meubles. En 2015, il est contraint de quitter son pays et arrive en Belgique. Après trois ans de démarches et d’apprentissage de la langue, il décide de se lancer comme indépendant dans l’up-cycling avec le soutien du CPAS de Gand et de microStart. En effet, Mousab crée de magnifiques meubles de collection à partir de matériaux récupérés et de vieux meubles qu’on lui fournit. Il peut aussi bien façonner un bureau, q’un divan ou encore un étagère.


Mohamed Alibrahim

16/11/1988, Idlib (Syrie)

Mohamed est d’origine syrienne. Avec son papa, ils ont décidé de quitter la Syrie en 2012 pour fuir la guerre. Ils géraient un hôtel et une société de taxi.
Ils sont arrivés en Belgique en 2016 après un passage dans les pays du Maghreb.
Entrepreneurs dans l’âme, Mohamed et son papa ont repris un snack à Koekelberg qu’ils ont remis au goût du jour grâce entre autre l’appui de microStart. Ouvert depuis début décembre 2018, leur snack propose de délicieuses grillades et spécialités syriennes.


Hakim Haydari

27 ans et né en Afghanistan

Hakim est arrivé en Belgique il y a 14 ans alors qu’il était encore mineur. A l’âge de 15 ans, il emménage avec un ami et avait un petit job en mi-temps qu’il lui rapportait 400€ par mois et qui lui permettait à payer ses charges péniblement. Depuis qu’il est arrivé, il n’a jamais reçu de soutien financier. Il a trouvé sa voie seul. Il s’est mis devant l’école et a demandé à pouvoir étudier pour obtenir un diplôme. À ce moment là, il a reçu énormément de soutien de ses amis. Il est maintenant aide-soignant dans une maison de repos en région Bruxelloise.


Saturnin Nke

25/12/1988, Yaoundé (Cameroun)

Saturnin est arrivé en Belgique en 2015. Il était menuisier au pays et il a tout de suite travaillé en Belgique dans la restauration.

Fin 2O18, il décide de lancer son propre restaurant camerounais à Marcinelle avec le soutien de sa femme. Les spécialités de son pays plaisent, ce qui participe au succès rapide de son projet.


Mehmet Erdogan

23/05/1984, Banaz (Turquie)

Mehmet est arrivé en Belgique en 2003. Il a tout de suite travaillé en Belgique et en France dans le monde brassicole et comme ouvrier.

Il travaille depuis 5 ans à la ville de Mons comme ouvrier. Il a repris la gestion du café « la nation » à Ath, en parallèle de son boulot à la ville. Il espère pouvoir développer suffisamment l’activité pour après en reprendre un deuxième et avoir la possibilité d’en vivre exclusivement tout en créant de l’emplois.


Rosalie N’Tumba Odia

13/11/1972, Lubumbashi (RD Congo)

Originaire de la République Démocratique du Congo, Rosalie arrive en Belgique à 20 ans pour suivre des études en médecine puis se tourne rapidement vers la gestion. Elle démarre une petite activité indépendante dans le domaine des assurances mais l’arrivée de son premier enfant la pousse à retourner vers un emploi salarié pour bénéficier d’une couverture sociale. Elle enchaîne alors les petits boulots avant de travailler en tant qu’aide soignante pendant une dizaine d’années. Une expatriation où elle suit son mari et 4 enfants plus tard, Rosalie est de retour en 2016, près de 25 ans après ses premiers pas en Belgique. Fermement décidée à réaliser son rêve qui ne l’a jamais quitté, elle suit alors une formation en création d’entreprise.

Aujourd’hui, Rosalie est épanouie et jongle entre ses clients, son emploi salarié dans un cabinet comptable et sa vie familiale.


Shadia Muhamedi

24/12/1980, Kigombe (Rwanda)

Shadia a grandi aux Pays-Bas mais vivait depuis dix ans au Rwanda avec sa famille quand son mari et elle décident de retourner en Europe pour y élever leurs trois enfants. A son arrivée en Belgique en 2018, elle trouve un emploi dans une grande chaîne de prêt à porter. Mais ça ne va pas durer longtemps car Shadia a l’envie d’entreprendre. Portée par sa fibre entrepreneuriale et sa volonté qui lui tient à cœur de prouver que les femmes peuvent elles aussi y arriver, elle achète un véhicule et démarre son activité. Depuis, Shadia a engagé des chauffeurs ce qui lui permet de concilier la gestion de son entreprise avec son rôle de maman.


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